Contrôleur des douanes – Retour d’expérience d’un lauréat (surveillance)

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il y a 1 heure 5 minutes - il y a 59 minutes #189330 par Crezone
Bonjour à tous,

Étant lauréat du concours de contrôleur des douanes dans la branche de la surveillance et, surtout, ayant moi-même eu recours à de nombreuses reprises aux précieux retours d’expérience et conseils présents sur ce site, il me semblait tout à fait naturel de partager, à mon tour, mon expérience de ce concours. 

Petite présentation 

Afin de vous donner un maximum de contexte et de vous aider au mieux, je vais commencer par présenter brièvement ma situation au moment où j’ai préparé et passé ce concours.Lorsque je me suis inscrit, je venais tout juste de terminer mes études, avec un master en droit. Ce parcours m’a naturellement orienté vers le choix de l’option droit pour les épreuves écrites.

Parallèlement, durant cette année de préparation au concours, j’ai occupé un emploi « alimentaire » afin de pouvoir financer cette période. Je ne travaillais toutefois pas à temps plein.Je précise ces éléments car ils me semblent importants à prendre en compte lorsqu’on lit un retour d’expérience. De nombreux candidats sont plus âgés que moi, ont déjà un emploi à temps complet et, pour certains, une vie de famille. Ces contraintes prennent, fort logiquement, du temps et de l’énergie et peuvent rendre la préparation au concours très différente d’une personne à l’autre.

Mon objectif n’est donc pas de présenter ma préparation comme une méthode universelle, mais simplement de partager ce qui a fonctionné pour moi, en tenant compte de ma situation personnelle.

QCM

J’ai commencé à préparer le QCM le 1er septembre, celui-ci ayant lieu à la mi-novembre, si mes souvenirs sont bons. Je ne vais pas vous mentir : deux mois et demi pour reprendre les mathématiques et le français, que j’avais quelque peu délaissés depuis le lycée, tout en abordant la culture générale et les questions de logique, c’était un sacré défi.Ne vous laissez surtout pas tromper par l’image d’une épreuve « accessible » qu’un QCM peut parfois renvoyer. Celui-ci est loin d’être facile, d’autant plus qu’il est à points négatifs.

Mes conseils : Pour le français et les mathématiques, il n’y a malheureusement pas de secret : il faut apprendre et travailler. Je vous conseille d’apprendre par cœur les différentes règles, qu’elles soient mathématiques ou linguistiques. Cela peut paraître fastidieux, mais c’est, à mon sens, indispensable pour progresser rapidement.

Concernant la culture générale, je n’ai tout simplement pas essayé de la travailler. Pour être honnête, avec seulement deux mois et demi de préparation, cela me paraissait difficile, voire impossible, de couvrir un domaine aussi vaste, les questions pouvant porter sur à peu près n’importe quel sujet. J’ai donc préféré faire un choix et concentrer mes efforts sur le français et les mathématiques, matières sur lesquelles je pouvais réellement progresser en travaillant.Pour les questions de logique, j’ai, dans les semaines précédant l’épreuve, repris les annales de manière très régulière, quasiment tous les jours ou tous les deux jours.

À mon sens, la clé est là : faites un maximum d’annales (pour le français et les maths aussi évidemment).Attention toutefois à ne pas tomber dans un piège : à force de refaire les mêmes annales, on finit par connaître les questions et les réponses presque par cœur. On ne travaille alors plus réellement ses connaissances ou son raisonnement, mais simplement sa mémoire.L’idéal est donc de refaire les annales régulièrement, en espaçant légèrement les séances (un ou deux jours maximum), afin de vérifier que vous êtes réellement capable de retrouver la réponse par vous-même.

Enfin, dernier conseil, et probablement le plus important compte tenu du barème : N’INVENTEZ PAS. Le QCM étant à points négatifs, répondez uniquement aux questions pour lesquelles vous êtes suffisamment certain de votre réponse. J’ai moi-même fait l’erreur, lors de la relecture et sous l’effet du stress, de répondre à une question alors que je n’étais pas certain de ma réponse. Cela aurait pu avoir de lourdes conséquences sur la suite du concours. Au final, ma note à cette épreuve n’a pas été particulièrement fameuse : j’ai obtenu 8,67/20.

Les écrits 

Concernant le résumé de texte, je vais être honnête : ayant obtenu mon diplôme assez récemment, je baignais encore dans l’analyse de texte suivie d’un travail de rédaction. Je n’ai donc pas spécialement révisé cette épreuve. Par « réviser », j’entends ici la réalisation d’examens blancs, puisqu’aucune connaissance particulière n’est attendue pour cette épreuve.
Cependant, si je peux vous donner quelques conseils : réaliser un travail structuré et, encore une fois, n’inventez rien. Si le texte est organisé en trois parties ou trois paragraphes, vous pouvez reprendre cette structure. Ne cherchez surtout pas à déduire des informations qui ne figurent pas dans le texte : ce n’est pas ce qui est attendu. Vous devez résumer très strictement le texte qui vous est donné. Faites des phrases courtes, idéalement une phrase par idée, et évitez la paraphrase. L’objectif est de restituer fidèlement les idées essentielles du texte, sans ajouter d'interprétation personnelle. J’ai obtenu 14,5/20 à cette épreuve. 

La deuxième épreuve écrite : l’option droitConcernant la deuxième épreuve écrite, je ne serai malheureusement pas en mesure de vous donner de conseils concernant la comptabilité, l’économie, la navigation maritime ou les autres options.En revanche, je peux vous parler de l’épreuve de droit. Bien qu’elle soit, à ma connaissance, l’une des options les plus choisies par les candidats, j’ai l’impression qu’elle est finalement assez peu abordée dans les retours d’expérience présents sur ce site.Vous trouverez facilement sur Internet le programme de révision de cette épreuve.

À première vue, celui-ci paraît plutôt court. En réalité, il ne l’est absolument pas. J’avais, là encore, environ deux mois et demi pour préparer cette épreuve (peut-être trois mois, si mes souvenirs sont bons). J’ai donc consacré le premier mois à la réalisation d’un cours qui suivrait précisément le programme.Pour ce faire, j’ai emprunté cinq ou six ouvrages à la bibliothèque et ai construit mon propre cours à partir de ces différentes sources. Au bout d’un mois, je me suis retrouvé avec un cours d’environ 100 pages.Et attention : ce ne sont pas 100 pages dont certaines peuvent être mises de côté. Ce sont 100 pages dont quasiment chaque page est susceptible d’être utile le jour de l’épreuve. Je vous avais prévenus : le programme n’est pas aussi court qu’il en a l’air.En suivant notamment les recommandations formulées dans les rapports du jury des années précédentes, qui soulignaient que les copies manquaient d’articles de loi et de jurisprudences, j’ai également intégré à mon cours une vingtaine ou une trentaine de références, entre articles de loi et jurisprudences, afin de pouvoir les mobiliser dans ma copie.La forme de l’épreuve:

Concernant la forme de l’épreuve, rien de particulièrement compliqué pour un étudiant en droit : le sujet peut prendre la forme de questions de cours, d’un cas pratique ou d’une dissertation. En revanche, ATTENTION pour les candidats qui n’ont pas de formation juridique et qui souhaitent choisir l’option droit : je vous invite FORTEMENT à vous renseigner sur la méthodologie attendue pour chacun de ces exercices.Le droit a en effet la particularité d’imposer une méthodologie précise pour chaque type d’exercice. La forme est presque aussi importante que le fond. Vous trouverez notamment sur YouTube de nombreuses vidéos consacrées à la méthodologie des différents exercices. Jurixio, par exemple, propose des contenus intéressants sur le sujet.

Le sujet qui est tombé cette année-là était : « Le statut du représentant du salarié ».Pour vous donner une idée, cette notion représentait peut-être une demi-page dans mon cours. Pourtant, il fallait parvenir à développer le sujet sur environ quatre pages le jour de l’épreuve.J’ai donc commencé par rédiger une introduction assez fournie, notamment en mobilisant des articles de loi et de la jurisprudence, puis j’ai construit mon plan (dont, malheureusement, je ne me souviens plus aujourd’hui). J’ai obtenu 15/20 à cette épreuve.

NB : La présentation de la copieJe trouve enfin important d’insister sur un dernier point concernant les épreuves écrites : la lisibilité et la clarté de votre copie sont extrêmement importantes. Et je ne parle pas uniquement des fautes d’orthographe.Une copie agréable à lire, bien structurée, claire et aérée facilite nécessairement le travail du correcteur. Une belle copie est une copie qui donne envie d’aller jusqu’au bout et, pourquoi pas, de lui attribuer une bonne note. Soignez donc votre présentation : titres et sous-titres lorsqu’ils sont pertinents, paragraphes bien distincts, écriture lisible, phrases correctement construites et, évidemment, orthographe la plus irréprochable possible.Cela peut sembler secondaire par rapport aux connaissances, mais sur une épreuve où le correcteur va lire un grand nombre de copies, la clarté de votre travail peut réellement faire la différence.

Le sport 

J’ai été assez surpris de constater, le jour de l’épreuve de sport, le nombre de candidats qui n’étaient pas suffisamment préparés, voire pas préparés du tout.Ne vous y trompez pas : les barèmes sont exigeants et une préparation sérieuse est nécessaire. L’épreuve ayant lieu au mois de mai, j’avais commencé à m’entraîner dès le mois de septembre, soit environ huit mois avant. L’épreuve se déroule sur l’ensemble de la journée. Le matin sont évalués la course et le sprint, puis l’après-midi viennent les pompes et le gainage. Pour la course, je m’entraînais une fois par semaine, et ce pendant plusieurs mois. J’ai fait de même pour le sprint. L’objectif était avant tout d’être régulier et de progresser progressivement plutôt que de chercher à faire des séances trop intenses.Concernant les pompes et le gainage, c’était beaucoup plus simple : j’en faisais après chacune de mes séances d’entraînement, soit environ quatre fois par semaine. Pour les pompes, j’augmentais progressivement le nombre de répétitions, en ajoutant une pompe supplémentaire au fil des séances. Pour le gainage, je travaillais par paliers de 30 secondes, en augmentant progressivement la durée.La régularité est vraiment la clé. Il vaut mieux commencer plusieurs mois à l’avance et progresser petit à petit que vouloir tout rattraper quelques semaines avant l’épreuve.

Le jour J, pensez également à prévoir de quoi manger et boire pour tenir toute la journée. Prévoyez de la nourriture, mais attention à ne pas prendre quelque chose de trop lourd à digérer, ainsi qu’une quantité suffisante d’eau. Un douanier m’avait donné un conseil qui pourrait paraitre ironique mais qui en réalité souligne la difficulté de ses épreuves : « Ne te fais pas éliminer et ne te blesse pas.» En d’autres termes, l’objectif premier est de réussir à passer l’épreuve sans s’auto-éliminer. Il faut notamment garder à l’esprit qu’une blessure peut entraîner votre élimination du concours.J’ai finalement obtenu 13,5/20 à l’épreuve sportive.

Petite précision importante concernant la note éliminatoire : c’est la note finale de l’épreuve sportive qui ne doit pas être inférieure à 5/20. Ainsi, si vous obtenez moins de 5/20 à la course ou à l’une des autres épreuves, mais que votre moyenne finale à l’ensemble de l’épreuve sportive reste supérieure à 5/20, vous n’êtes pas éliminé.Ne sous-estimez pas cette épreuve. Avec plusieurs mois de préparation et un entraînement régulier, elle est abordable, mais ne commencez pas à vous y préparer à la dernière minute.

Le grand oral

C’est probablement l’épreuve qui fait le plus stresser les candidats, et c’est parfaitement compréhensible : coefficient 8, tout de même !

Personnellement, j’avais préparé une trame de présentation que j’avais apprise par cœur. CEPENDANT, il est fondamental de ne pas réciter votre trame mécaniquement le jour J. L’oral doit rester naturel.Au fur et à mesure de votre préparation, vous devez vous entraîner à fluidifier votre présentation afin qu’elle paraisse la plus naturelle possible. Progressivement, vous finirez par réaliser un oral qui repose sur votre trame, mais qui sera suffisamment fluide pour ne plus donner l’impression d’un texte appris par cœur.

Votre présentation ne doit surtout pas être un simple récital de votre CV. Vous devez être capable de faire le lien entre chacune de vos expériences et les qualités ou compétences recherchées par la douane.Par exemple : « J’ai travaillé dans la restauration, ce qui m’a appris à travailler sous pression et m’a permis de développer un bon sens de l’organisation. »L’idée est de montrer au jury ce que vos expériences peuvent apporter à l’administration, plutôt que de simplement énumérer ce que vous avez fait.Autre point important : ne dépassez pas les cinq minutes ! Si vous dépassez le temps imparti, le jury peut vous interrompre. Ce n’est évidemment pas agréable et cela peut vous faire perdre une partie de votre confiance dès le début de l’entretien. Préparez-vous aux questions

Concernant la suite de l’oral, il est également fondamental de vous renseigner sur la douane, ses missions, son organisation, mais aussi sur les obligations et la déontologie des fonctionnaires.Vous trouverez en ligne différents ouvrages et supports de préparation au grand oral qui synthétisent ces informations. Certains proposent également de nombreuses questions permettant de vous entraîner et de réfléchir aux réponses que vous pourriez apporter le jour J. Ne vous contentez donc pas de préparer votre présentation : le jury cherchera également à évaluer votre connaissance de l’administration et votre capacité à réagir à différentes situations. 

Le déroulement de l’épreuve :  Le jour J, vous serez tous installés dans un amphithéâtre et appelés de manière aléatoire.Une fois appelé, vous passerez soit le grand oral, soit l’épreuve de langue. Vous réaliserez ensuite l’autre épreuve, selon celle par laquelle vous avez commencé.Lorsque vous entrez dans la salle, attendez bien que le jury vous invite à vous asseoir. Les règles élémentaires de politesse et de bienséance restent importantes lors d’un oral.Vous commencerez ensuite votre présentation, avant de passer à la phase de questions.Les questions du jury étaient principalement de trois types : des questions personnelles ; des questions portant sur l’administration, son fonctionnement et la déontologie du fonctionnaire ; des mises en situation.J’ai notamment eu les questions suivantes (je crains malheureusement d’avoir oublié la majorité d’entre elles) :
•           Que pensez-vous du port d’une arme par un agent des douanes ?
•           Quel est l’armement des douaniers ?
•           En tant que chef d’équipe, vous avez un agent qui est toujours en retard mais qui travaille très bien, et un autre qui est toujours à l’heure mais rechigne à effectuer les tâches qui lui sont confiées. Comment réagiriez-vous ? Avec lequel préféreriez-vous travailler ?
•           Si vous êtes admis au concours et que le seul poste disponible est à Saint-Pierre-et-Miquelon, cela vous poserait-il un problème ?
•           Lors d’un contrôle, un passager refuse spécifiquement d’être contrôlé par l’un de vos agents. Comment réagiriez-vous ?•           En tant que chef d’équipe, comment créeriez-vous une cohésion d’équipe ?

Ces questions peuvent parfois sembler déstabilisantes, mais elles permettent surtout au jury d’évaluer votre capacité de réflexion, votre comportement et votre aptitude à prendre des décisions dans différentes situations.Enfin, évidemment, venez avec une tenue correcte et professionnelle. Pour ma part, j’avais choisi de porter un costume. J’ai obtenu 14/20 au grand oral.

Conclusion

Pour conclure, c’est un concours difficile, tant par son niveau d’exigence que par sa longueur. Beaucoup d’autres concours sont plus courts, et il faut donc garder à l’esprit que celui-ci est un marathon, pas un sprint.

Si vous avez décidé de vous inscrire, c’est probablement parce que vous pensez que cette profession représente une évolution par rapport à votre situation actuelle et que vous vous sentez capable de l’exercer. Ne baissez pas les bras.

La préparation peut parfois sembler interminable, certaines épreuves peuvent vous faire douter et certaines notes peuvent être décevantes. Mais il faut continuer à avancer. Je peux vous assurer qu’une fois le concours réussi, tous ces efforts en valent la peine. Au-delà de l’admission elle-même, cette réussite apporte également une véritable satisfaction personnelle. N’hésitez donc pas à vous accrocher, même lorsque vous avez l’impression de ne pas être au niveau.

Enfin, n’hésitez surtout pas à rebondir sur ce retour d’expérience si vous avez des questions. J’essaierai d’y répondre dans la mesure du possible.

Je tiens également à remercier tous les anciens lauréats qui ont pris le temps de partager leur expérience avant moi. Leurs conseils m’ont réellement aidé à atteindre cet objectif. J’espère à mon tour pouvoir vous être utile et apporter ma petite pierre à l’édifice.
Bon courage à tous ceux qui se lancent dans cette aventure, et je l’espère à bientôt !
Crez 
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